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Dans la magie des canaux de Patagonie

Dans la magie des canaux de Patagonie

Un récit de Jean-Pierre Guillaume – Photos: Jean-Pierre Guillaume

Une croisière à voile inoubliable

J’ai embarqué avec Olivier pour une navigation dans les canaux de Patagonie en février 2012. Ushuaia, Puerto Williams, Tour du Cap Horn, glaciers du Canal de Beagles…ces lieux ont à jamais impregné ma mémoire.

Naviguer au pied des glaciers, au milieu de nulle part, est un moment magique hors du temps et de la frénésie de nos vies quotidiennes. 

Je rêve depuis de retourner dans le grand sud et d’accompagner Olivier en Antarctique.

 

Voici quelques moments marquants de cette navigation.

 

Après les formalités de sortie d’Argentine, nous mettons le cap sur Puerto Williams au Chili, de l’autre côté du Canal de Beagle. Nous y ferons les formalités d’entrée dans les eaux territoriales chiliennes, notre terrain de jeu pour les prochaines navigations.

Nous amarrons à couple du Micalvi, un bateau ravitailleur ayant terminé sa carrière dans les canaux de Patagonie et désarmé en 1961.

Il est échoué comme ponton et Yacht Club dans un bras protégé de Puerto Williams. En touchant le fond, le bateau a pris une légère gîte sur tribord.

Le sol du bar est en pente, mais tant que l’on n’a pas bu quelques Pisco Sur…

Puerto Williams, le Micalvi

Après cette 1ère courte navigation transfrontalière, nous enchaînons les bords dans les canaux, surplombés par les montagnes enneigées desquelles dévalent des bourrasques de vent.

Nous sillonnons dans le dédale des canaux, allons de mouillage en mouillage, tous plus sauvages et solitaires les uns que les autres.

Caleta Olla, en remontant les canaux de patagonie

Caleta Marcial, près du Cap Horn

Au cours de nos navigations, nous croisons une faune extraordinaire : voir voler les albatros, plonger les pingouins, nager les dauphins et les rorquals est tout simplement magique…

Isla Martillo, avec une colonie de manchots

Parmi les mouillages qui m’ont marqué, je me souviens de cette nuit passée au pied des glaciers.

Le bruit généré par le détachement d’énormes blocs de glace qui tombent dans la mer est impressionnant. C’est là que je prends pleinement conscience que le glacier avance en permanence.

Le glacier Seno Pia

Un autre moment inoubliable est la nuit passée au bout d’un ponton à Puerto Toro, et notre rencontre avec les pécheurs de Centolla, une espèce de crabes géants. 

Nous avons troqué quelques kilos de crabe contre cigarettes et vin. Cela a été l’occasion d’un enchaînement de festins et de recettes à base de crabe!

Puerto Toro, dans l’archipel des Wollaston

Les Centolla, crabes géants

Avant ou après cette navigation, je conseille de lire « Qui se souvient des hommes… » de Jean Raspail qui retrace l’épopée des peuples autochtones depuis leur arrivée en terre de feu il y a 10 000 ans jusqu’à nos jours.

Cette lecture fait écho à ce que j’ai ressenti en naviguant dans ces contrées vierges aussi sublimes qu’isolées et où la vie à l’année y est rude.

Merci Olivier d’avoir partagé ta passion pour ces contrées lointaines qui donnent envie d’y retourner.

Naviguer sous le soleil et dans l’eau cristalline des Antilles est extraordinaire, mais explorer les eaux froides et lointaines du Grand Sud, hors des sentiers battus, au pied de glaciers impressionnants et au contact d’une faune incroyable est tout simplement un moment unique et inoubliable !

PROCHAINE CROISIÈRE DANS LES CANAUX DE PATAGONIE

Du 6 au 24 décembre 2021 – 17 jours

Embarquement : Valparaiso, Chili

Débarquement : Ushuaia, Argentine

Ma traversée transatlantique à bord de Marama: une expérience inoubliable

Ma traversée transatlantique à bord de Marama: une expérience inoubliable

Un récit de Emy Ritt – Transatlantique du 9 juin au 7 juillet 2020

Une opportunité transatlantique inattendue

En mars 2020, j’ai eu le privilège de participer à la concrétisation du rêve de mon ami Olivier qui, au bout d’une quête de dix ans, s’est retrouvé propriétaire de Marama, un ketch de 100 pieds / 31 mètres.

Notre mission : récupérer Marama à Antigua (Guadeloupe) avec 5 autres équipiers et le ramener en France, à Saint Brieuc au port du Légué.

Faire partie du premier voyage d’Olivier en tant que propriétaire de MARAMA était encore plus excitant, et mettre les voiles au début juin, alors que la première phase du Confinement se terminait, était un timing parfait.

 En raison du COVID-19, de nombreux documents étaient requis à chaque arrêt en cours de route.  Olivier avait obtenu la permission officielle du gouvernement d’Antigua d’atterrir à l’aéroport de l’ANU et de se rendre directement au bateau, ce qui nous a valu une escorte policière, girophares hurlants, depuis l’aéroport sur la côte nord d’Antigua à English Harbour – sur la côte sud – où se trouvait MARAMA !

Lorsque je repense à ce voyage de 29 jours, ce qui reste vivant dans ma mémoire, ce sont les quarts de nuit à la barre, seule au milieu de l’océan pendant que les autres équipiers dormaient. Naviguer sous les étoiles, avec la lune qui montait régulièrement, était une expérience magique et méditative. Chaque quart nocturne à la barre était l’occasion d’étudier les constellations et d’observer les planètes visibles sur leur orbite – une expérience inoubliable.

9 juin 2020 : embarquement sur MARAMA à English Harbour, Antigua

Après plus de douze heures de voyage depuis Paris, nous avons embarqué sur MARAMA à 18h00 heure locale à Antigua.

Première mission : organiser les tonnes de nourriture livrées avant notre arrivée, tandis que Olivier et le First Mate Adrien inspectaient le bateau, pouce par pouce.

À 20h00, nous étions prêts à prendre notre premier repas à bord. Il faisait 30 degrés Celsius, parfait pour dormir sur le pont. À bord du MARAMA, qui n’avait pas été aéré pendant des mois, la chaleur était écrasante et la température de la salle des machines, où se trouvaient le moteur et le désalinisateur, n’avait rien à envier à sauna ! Après quelques jours de ventilation, la température était plus vivable.

 Mais je me rappellerai toujours ce moment où nous avons quitté Antigua et que le bateau a traversé les premières vagues en douceur et avec grâce…nous avions tous le sourire.

PHOTO Philippe BLIN – Le voilier Marama nous attendant à Antigua

PHOTO Philippe BLIN – Olivier le skipper à la voile de Marama

Départ d’Antigua

12 heures après avoir quitté English Harbour, nous arrivons à St Barth. Accablés par le décalage horaire et la longue navigation du premier jour, nous nous sommes autorisé des heures de sommeil supplémentaires.

Le lendemain, nous reprenions la navigation vers St Martin pour récupérer des coussins destinés au cockpit central puis avons pris direction les Açores.

Nous partions pour 18 jours de navigation…

La vie à bord du MARAMA

 La vie à bord du MARAMA était rythmée par les changements de voiles, les tâches d’entretien, les repas, les dégustations de vins, les quarts nocturnes, les observations de dauphins, la photographie, le sommeil, la lecture, l’écriture, la réflexion, et la méditation.

Sabine, qui faisait partie de l’équipage, a même terminé d’écrire son deuxième roman ! Quant à Ophélia, elle a réussi à gérer son équipe d’étudiants diplômés à distance.

Quant à moi, j’ai lu huit livres pendant la traversée !

Naviguer sous les étoiles

Mon moment préféré. La navigation de nuit est organisée autour d’un planning où des quarts se succèdent de 22H à 8H. Chaque jour, le quart des membres d’équipage démarrait une heure plus tard que la veille, afin de partager l’expérience du pilotage de MARAMA à toute heure. Lorsque mon premier quart a commencé, le soleil se couchait et la lune se levait. J’ai ainsi pu observer le ciel à toutes les heures de la nuit, ainsi que tôt le matin.

 Seule à la barre sous les étoiles, les planètes et la lune, je ne pouvais m’empêcher de penser que la navigation de nuit de MARAMA était une continuation d’une tradition nautique depuis le début des temps. Nous observions les mêmes étoiles et planètes que les premiers navigateurs – difficile à croire ! Etre au milieu de l’océan sous le ciel nocturne, seule à la barre, était une expérience magique et émouvante, une chance de toute une vie.

Les repas 

Les repas étaient l’occasion de partager un moment avec tous les membres de l’équipage réunis. Christian, un ancien chef de cuisine, s’est porté volontaire pour gérer la plupart des repas. Pour le petit déjeuner, chaque personne a préparé sa propre nourriture en fonction de son horaire de quart et de sommeil. Des dégustations de vins en soirée ont été organisées par Ophélia, qui avait également commandé tous les ravitaillements et fournitures à l’avance, une tâche gargantuesque.

Les changements de voile 

Les changements de voile nécessitaient trois ou quatre personnes pour hisser ou affaler les voiles. Lorsque le vent a changé au milieu de la nuit, entraînant un changement des voiles, le sommeil des principaux membres de l’équipage était interrompu. Ah, le côté romantique des traversées transatlantiques ne cesse jamais !

 

PHOTO – Philippe BLIN – L’équipage s’affairant sur les voiles

PHOTO – Philippe BLIN – Olivier à la manoeuvre pour hisser les voiles

PHOTO – Philippe BLIN – Les voiles de Marama dressées vers le ciel

PHOTO Emy RITT – Une vue du carré à travers une vitre ombragée montrant le duo dynamique, Skipper Olivier à droite et le No. 1 Adrien à gauche, réglant les voiles et le gréement.

Aspects et conditions de la croisière à bord de MARAMA

À bord du MARAMA, divers aspects et conditions ont eu un impact sur la vie quotidienne, tels que le temps, la chaleur, le froid, les vents violents, la mer forte, les grosses houles, l’angle d’inclinaison, un approvisionnement limité en eau chaude et tout bruit ou odeur provenant du moteur et les autres équipements.  

Mais, après la première semaine, nous étions tous habitués aux mouvements de MARAMA et avons profité des coins et recoins du navire pour lire et nous détendre lorsque notre présence n’était pas nécessaire sur le pont ou ailleurs.

Arrivée à Horta, Faial, Açores

Le lundi 29 juin, après dix-huit jours en mer, nous arrivons à HORTA, située sur Faial, l’une des neuf îles des Açores. Entrer dans le port au lever du soleil était magique. Ne pouvant pas débarquer en raison du COVID, nous avons eu le privilège de nous faire livrer une commande de courses par le personnel de la célèbre «Café Peter», vêtus de combinaisons et masques anti-covid ! Sala Peter est bien connue dans les cercles nautique et transatlantique pour son café, son bar et ses services de livraison.

Avant de larguer les amarres, MARAMA a laissé sa signature peinte sur le quai, une tradition pour tout bateau faisant escale à Horta.

PHOTO Emy RITT – Marquage traditionnel sur le quai du port d’Horta !

PHOTO Emy RITT – L’équipage du Café Peter vêtu de leurs bonnets célèbres bleus et jaunes avec costume EPI blanc. Bienvenue à la voile au temps du COVID !

Cap sur notre arrivée – St Brieuc, Bretagne, France 

Le 29 juin, nous entamions la dernière partie de la transatlantique, avec une arrivée prévue pour le 7 juillet. A mesure que nous nous rapprochions de la côte bretonne, la température devenait de plus en plus fraîche, la taille des vagues et des houles grossissait, à tel point que j’avais par moments l’impression d’être dans une machine à laver, surtout quand on était dans la cuisine ou le cabine !

Passer d’un point à un autre nécessitait de se tenir à tout moment. Dormir confortablement la nuit sans crainte de tomber du lit était très difficile (disons impossible) sans un équipement spécial appelé «anti-rouli».

A l’approche de la Bretagne, Olivier nous a guidés à travers le célèbre passage entre l’île d’Ouessant et le phare de Jument. Dans douze heures environ, nous entrerions dans le nouveau port d’attache de MARAMA à Saint Brieuc et le port du Légué.

Au cours de ma dernière nuit de quart, j’ai pu observer la lune de sang semi-annuelle se levant lentement au cours des six heures suivantes de l’horizon à son sommet – une expérience vraiment magique. Le matin du mardi 7 juillet, nous apercevons Saint Brieuc et nous nous dirigeons vers l’entrée du port du Légué.

PHOTO Emy RITT – Skipper Olivier à la barre de MARAMA à l’entrée de St Brieuc, au Port du Légué.

PHOTO Emy RITT – L’entrée de Saint Brieuc, le Port du Légué le 7 juillet 2020 après 29 jours en mer.

Arrivée à Saint Brieuc

Le mardi 7 JUILLET 2020, à 9h, après vingt-neuf jours en mer, nous arrivons à Saint Brieuc.

La famille et les amis du skipper, dont son père et sa mère de 88 et 81 ans, étaient tout le long du quai pour accueillir MARAMA. Le filleul d’Olivier avait fait 100 km à vélo pour être présent à l’arrivée de son parrain. Des amis avaient voyagé de Paris pour assister à l’événement. Lorsque MARAMA est entré dans l’écluse, ils ont tous sauté à bord pour faire le voyage historique de 500 mètres à travers l’écluse et dans l’espace alloué à MARAMA. C’était un moment plein d’émotion.

Une fois le bateau amarré, nous avons eu droit à un café et des croissants chauds grâce à Adrien, le meilleur No. 1 du monde, qui a couru à la boulangerie la plus proche. Le midi, nous avons eu droit à l’apéritif au champagne accompagné d’hors-d’œuvre, suivi d’un délicieux déjeuner au restaurant d’à coté.

Le soir, pour ceux.celles qui étaient encore à bord, des crabes frais et des huîtres, avec du vin – bien sûr – faisaient partie du plan.

Pour ma part, j’étais à la maison à 21h et j’ai sauté dans un bain chaud. La pièce bougeait constamment pendant environ une semaine à cause du «mal de terre».

PHOTO Sala Peter – Equipage de MARAMA – de gauche Emy, Sabine, Ophelia, Olivier, Adrien, Philippe debout, Christian à droite, avec nos amis du Peter’s café qui portaient toujours leurs combinaisons EPI, masques et chapeaux – les Blues Brothers d’HORTA.

PHOTO Emy RITT – Les amis et la famille à bord de MARAMA pour le voyage historique de 50 mètres à travers l’écluse.

MERCI, Skipper Olivier, de m’avoir donné l’opportunité de participer à l’aboutissement de votre quête de 10 ans pour devenir propriétaire de MARAMA. Voir tes parents, filleul, amis et supporters t’accueillir dans ta ville natale de Saint Brieuc a été un privilège. Bonne chance pour les rénovations et le début de votre programme de croisières sur MARAMA dès octobre / novembre 2020.

Emy RITT

6 bonnes raisons de faire une traversée en voilier avec un skipper

6 bonnes raisons de faire une traversée en voilier avec un skipper

Prendre le large avec un skipper, une expérience de navigation unique

Traverser les océans en voilier… Une aventure inoubliable !
Transatlantique, transat des Alizés… Beaucoup en rêvent mais n’osent pas franchir le pas… Pourtant, nul besoin d’être un navigateur avisé pour tenter l’expérience !

Il est tout à fait possible d’embarquer avec des skippers professionnels à bord de leur voilier pour vivre une traversée inoubliable.

 Vous hésitez ? Voilà 6 bonnes raisons d’embarquer à bord d’un voilier 🙂

1. Pour l’aventure

Embarquer sur un voilier est une expérience nautique passionnante et unique. Le voyage en lui-même est une aventure ! On vit au rythme de la mer, des quarts de jours et des quarts de nuit, on participe à la vie à bord, on apprend à manoeuvrer… bref, on devient un membre de l’équipage à part entière ! Idéal si vous voulez vous frotter au maniement de la voile et vous initier à la navigation.

2. Pour la sécurité

Naviguer avec un skipper expérimenté est la meilleure option en terme de sécurité. Les skippers sont des professionnels de la voile, entraînés dans l’organisation de croisières, formés aux soins d’urgence en mer et à la gestion des équipes.

3. Pour la beauté de la nature

Assister à de magnifiques couchers de soleil, admirer un ciel étoilé d’une grande pureté, rencontrer les poissons volants et les dauphins, vivre l’océan sous ses différents états, découvrir des îles et villes côtières lors des différentes escales… il n’y a pas deux jours qui se ressemblent !

4. Pour l’aventure humaine

Vivre sur un voilier 24h/24 en petit comité, ça force la socialisation 😉

Une belle expérience humaine au cours de laquelle se nouent des liens forts entre co-équipiers et parfois des amitiés à vie ! 

5. Pour la déconnexion totale

Pas d’internet, pas de téléphone, pas de contact avec le monde extérieur pendant une traversée ! C’est une occasion parfaite pour s’adonner à la lecture, écouter de la musique ou les podcasts qu’on veut écouter depuis 6 mois, méditer, s’octroyer du temps pour soi … 

6. Et parce que c’est écolo !

 Le bateau à voile est une belle alternative à l’avion, non polluante et tellement plus excitante ! Une belle façon d’allier sa passion du voyage avec une empreinte carbone quasi nulle.

 Et puis, quand on a une âme d’aventurier, il y a un côté à la fois exaltant et poétique à l’idée de parcourir le monde à la manière des plus grands explorateurs…

 

L’aventure vous tente ?

Embarquez avec moi à bord de Marama, mon voilier d’expédition de 31 m, confortable, robuste et rapide ! Il procure des sensations de glisse fantastiques et rend les traversées beaucoup plus agréables. Prendre la barre de Marama est une expérience inoubliable, et ça, je vous le garantis !

Ah, et je dois vous prévenir … les eaux turquoises, faire la course avec les dauphins, un soleil radieux et  l’adrénaline …. Cela peut faire un choc ! 😉

PROCHAINES TRAVERSÉES : 

 

  • De Saint-Brieuc aux Canaries – 10 jours  

 Du 25 octobre au 3 novembre 2020. Traversée de 1350 milles.  

 Escales en Espagne, au Portugal et sur l’île de Madère.   

  • Des Canaries au Cap Vert – 5 jours

Du 7 au 11 novembre 2020. Traversée de 800 milles.

Navigation très facile, au portant et sous le soleil !

  • Transat des Alizés du Cap Vert au Brésil – 15 jours

Du 14 au 28 novembre 2020. Traversée de 2 700 milles.

La fameuse transat des alizés, le vent nous pousse et il fait toujours chaud…  

 

  • De Rio de Janeiro à Ushuaia – 20 jours

Du 4 au 23 décembre 2020. Traversée de 2300 milles.

Navigation dans les 40ièmes rugissants, pour les amateurs de sensations !

Escale aux Iles Malouines (Falklands)

 

  • De Ushuaia à Rio de Janeiro – 20 jours

Du 12 au 31 mars 2021. Traversée de 2300 milles.

Escale aux Iles Malouines (Falklands).

 

  • De Rio aux Malouines – 15 jours

Du 18 septembre au 2 octobre 2021. Traversée de 2000 milles.

Navigation dans les 40ièmes rugissants. Sensations garanties à bord de MARAMA 

 

  • De Ushuaia à Rio de Janeiro – 15 jours

Du 12 au 31 mars 2022. Traversée de 2300 milles.

Escale aux Iles Malouines (Falklands)  

 

  • De Rio de Janeiro à la Martinique – 20 jours

Du 4 au 23 avril 2022. Traversée de 3200 milles.

Navigation très facile, sous le soleil. Escales au Brésil et en Guyane.

  • De la Martinique à New York – 11 jours

Du 25 mai au 4 juin 2022. Traversée de 1700 milles.

Navigation très facile. Arrivée Magique à Manhattan !

  • De New York au Groenland – 17 jours

Du 10 au 27 juin 2022. Traversée de 2300 milles.

Une des plus belles navigations du programme. Départ en faisant le tour de Manhattan, escales vers Newport, en Nouvelle Ecosse, à Terre Neuve et au Labrador.

 

👉 Consultez tout le programme ici : agenda des traversées et croisières avec Marama

👉 infos et réservations ici : contact

Antarctique: comment décrire l’indescriptible?

Antarctique: comment décrire l’indescriptible?

Le soleil se couche au pied du Cap Horn et colore le ciel de tons dorés.

 

Je suis à la barre depuis près d’une heure, les dauphins et les phoques ne se sont pas encore lassés de nous suivent. À tour de rôle, ils jouent à la proue du bateau, à faire des sauts hors de l’eau et à nager les uns contre les autres. On dirait qu’ils veulent s’assurer qu’on revienne les voir. Un vent léger nous pousse tranquillement vers le Sud, on n’aurait même pas osé rêver d’un aussi beau départ pour l’Antarctique. Mon premier quart se termine avec les dernières lueurs du jour. J’ai droit à quelques heures de repos à la chaleur de Venus puis la boucle recommence.

Le bateau se comporte merveilleusement bien dans les vagues croisées du Drake. On se relais à la barre à toutes les heures, ça prend une bonne concentration pour garder le cap et pour ne pas se faire surprendre par les vagues de plus en plus grosses. Sous le ciel étoilé, moi et Christophe s’amusons à faire surfer le bateau le plus rapidement possible.

Au fil des quarts, on oublie l’heure, le jour de la semaine, on en vient même à oublier sa vie d’avant et on ne réfléchit plus à après. Seul le refroidissement de l’air nous rappelle notre descente vers le grand sud. Et puis, dans le brouillard opaque du 62ème degrés Sud, on le voit enfin, notre premier glaçon. Il flotte à côté de nous comme si de rien n’était. Il est petit, de la taille d’un camion… En regardant l’écran du radar un comprend qu’il est le produit d’une usine à glace, un iceberg tabulaire à quelques miles de nous, mais on ne le voit pas, on ne voit rien dans le brouillard blanc, à partir de maintenant notre vigilance est de mise.

 

 

Quelques heures plus tard dans un brouillard un peu moins opaque, je l’aperçois; le monstre de glace. D’abord, on ne voit qu’une légère ligne contour sur l’horizon blanc. Puis, plus on se rapproche, plus on comprend la grosseur, la sévérité et la beauté de la glace. Un fort sentiment me prend au ventre, une excitation incontrôlable. Pourtant, je connais l’importance du moment, je dois regarder sans ciller les glaçons possibles au-devant du bateau, car même un petit glaçon pourrait l’endommager. Ma concentration balance entre l’observation d’éventuels glaçons et le désir de voir l’immensité du tabulaire à bâbord. Les vagues se brisent violemment sur sa glace bleue et en font un spectacle dont on ne peut se lasser.

Il nous reste moins de 24 heures pour finalement atteindre la péninsule, on devra veiller sans relâche.

Plusieurs nous ont dit qu’on sentait venir les icebergs. Pourtant, la glace n’a aucune odeur…

 

Et bien, je les ai sentis venir, lors de mon dernier quart, j’ai vu un autre tabulaire au loin, puis un deuxième, puis rapidement un troisième et quelques minutes, nous étions entourés d’icebergs énormes. Le brouillard s’étant presque complètement levé, on se demande si l’on n’était pas mieux dans l’ignorance. La navigation devient rapidement corsé pour zigzaguer entre les glaces, mais Christophe assure comme toujours. Ça fait déjà un moment que mes deux heures de quarts sont terminées et que j’ai les mains et les pieds gelés, mais il m’est impossible de rentrer, impossible de manquer ne serait-ce qu’une minute de ce spectacle sans prix. On passe tout près d’un magnifique tabulaire, on l’entend même craquer sous la force des vagues. Selon le GPS, on est qu’à quelques miles de la côte, mais on ne voit toujours pas la terre. L’Antarctique nous a réservé la plus belle des arrivées, car après ce passage magique entre les glaces, les nuages se sont dissipés comme un levé de rideau pour nous faire découvrir la péninsule sous un ciel bleu. Les montagnes trop blanches semblaient irréels. Le ciel trop bleu semblaient être peinturé. Pour ajouter à l’impensable, les baleines sont venues nous saluer. C’était à en verser une larme. Et on s’est senti flotter jusqu’à notre premier mouillage aux îles Melchior.

 

Le moment était trop important et trop magique pour prendre des photos, je le garde en tête et ses images me feront rêver encore et encore.

Vivez un moment Antarctique

Vivez un moment Antarctique

L’Antarctique reste toujours autant indescriptible,

mais je vais essayer de vous partager un des moments magiques de ce voyage hors du temps.

On navigue au petit matin après une « nuit » où le coucher et le lever de soleil se succèdent. On arrive à la péninsule après notre fabuleuse escale dans la mythique île volcanique de Déception. À peine sortie du bateau pour commencer mon quart, j’y vois entre les icebergs une baleine à bosse sauter hors de l’eau! Produisant un grand « boom » dans le silence Antarctique.

Enfin, on près du mouillage repéré sur les cartes, mais il est rempli de glaçons plus gros que le bateau. On fait demi-tour malgré nous pour essayer de trouver un autre mouillage de l’autre côté de la pointe. On mouille donc dans cette baie paradisiaque entourée de manchots et d’icebergs gigantesques. Mais avec l’annonce de vent de Sud-Est, l’endroit ne plaît pas beaucoup au capitaine… On reprends donc la route vers l’inconnue après cette trop courte escale.

 

aquarelle-antarctique-dec-2016-yves

 

À peine sortis du mouillage on voit un regroupement d’orques passer derrière le bateau.

Décidément, nous sommes vraiment dans un endroit merveilleux. Sous le soleil, sans un souffle de vent on continue notre route le sourire aux lèvres. Juste au moment où Yves, notre équipier, rentre dans la douche, le vent se lève. On passe de zéro à trente noeuds en quelques minutes. On se mets à avancer à 8-9 noeuds sous trinquette seule. Yves ressors de sa douche sportive sans trop comprendre comment le temps à changer si rapidement… Bien vite, on arrive dans les glaces; un mur de glaçons se forme devant nous. On se met à zigzaguer tant bien que mal pour les éviter. On est plusieurs postés à gauche et à droite pour indiquer la direction au barreur. Tout le monde sans se le dire se demande si on va réussir à passer ou si on devra faire demi-tour. Miraculeusement, les glaces ont diminués et le vent à l’approche de l’île a aussi fini par baisser. Après quelques heures de navigation assez stressantes, tout le monde est heureux que ça se termine, mais aussi heureux d’avoir vécu ce moment si particulier. Malheureusement, dans les vagues, le vent et l’incertitude personne n’a pris de photo. Ce moment ne restera donc que dans nos mémoires.

 

aquarelle-antarctique-dec-2016-3

 

On arrive près d’une île que l’on ne connait pas,

où l’on espère trouver un abris pour la nuit, car voilà déjà près de 48 heures que l’on navigue. Notre merveilleux capitaine nous trouve une baie magnifique bordée de glaciers et d’une colonie de manchots jugulaires! Mon coup de coeur!

On y passe la nuit en faisant tout de même des quarts de mouillage. D’ailleurs on a dû remouiller en pleine nuit à cause qu’un iceberg de la taille d’un bus est venu nous coller d’un peu trop près.

Le lendemain, on se reveille avec toujours le magnifique soleil qui ne se couche jamais et sous le ciel bleu on pars explorer la côte. On monte assez haut pour y voir Venus en tout petit et les sommets des montagnes aux alentours. Il y a tellement peu de bruit qu’on y entend même les baleines qui se promènent dans la baie! 

On pars malgré nous de cet endroit merveilleux pour gagner un autre mouillage de la péninsule. Et là, après quelques minutes de navigation on se doit de couper le moteur car les baleines à bosses sont partout autour de nous. On ne sait plus où regarder. On entends leurs souffles rauques à chacune de leurs sorties. L’une d’elle me fait lâcher un petit cri quand elle sort à quelques mètres du bateau. Le temps s’arrête pour nous; pour vivre un instant au rythme des souffles.

Et le voyage à continuer comme ça dans le temps suspendu des jours sans nuit.

En espérant que vous avez pu, au rythme de mes mots, vivre un peu de la magie Antarctique.